Que peut-il y avoir en commun entre le peintre français Gustave Courbet et le peintre chinois Yan Pei-Ming, tous deux ayant quelque six générations d’écart ? À y regarder de plus près, on peut pourtant constater de nombreuses similitudes, autant sur les toiles que dans l’attitude : un geste large et sûr, une bataille livrée sur de grands formats et toujours une densité émotionnelle que les artistes savent cacher sous une apparence sereine et joyeuse. Pour rendre hommage à l’illustre peintre né il y a exactement 200 ans, le musée Courbet a voulu confronter Yan Pei-Ming à une dizaine d’œuvres majeures du maître d’Ornans dans un face-à-face absolument captivant, sur des toiles d’où ressortent les personnalités fortement engagées des deux hommes, pourtant contraints par des sujets classiques comme le portrait, le paysage, les animaux. L’enfant du pays nous a quittés, et c’est à Yan-Pei-Ming que revient l’honneur de perpétuer le talent du maître.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.