Joan Miró

Du 3 octobre 2018 au 4 février 2019 -
Grand Palais //

 

40

« Les gens comprendront de mieux en mieux que j’ouvrais des portes sur un autre avenir, contre toutes les idées fausses, tous les fanatismes ». L’artiste Joan Miró possédait-il, en plus d’un talent incontestable, des dons de devin ? Cette déclaration semble annoncer à merveille la belle rétrospective du Grand Palais, qui promet l’accrochage de plus de 150 œuvres. Cela faisait près de 15 ans que le catalan n’avait pas été autant mis en lumière. Pour reprendre à nouveau ses propos, « Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde. » Ici, ce sont des prêts exceptionnels qui déclenchent un événement sans précédent : les œuvres surréalistes se succèdent, sur lesquelles le bleu turquoise et les couleurs primaires se détachent avidement, en des dessins anthropomorphes à la limite du naïf. Pourtant, loin de Miró l’idée de simplicité ou d’innocence. Le peintre semblait même avoir un sacré caractère, lui qui côtoyait les plus grands surréalistes, de Max Ernst à Paul Eluard, sans pour autant les comprendre ou vouloir faire partie de leur groupe. C’est pourquoi, celui qui méprisait la peinture, mais qui se servait des outils des peintres pour traduire l’esprit, se tourna plutôt vers l’onirisme, avec ses petites formes colorées à la Calder qu’on lui connait bien. S’il y décompose des guitares ou des constellations, ce que désirait l’artiste par-dessus tout était bien de ne se plier à aucune exigence. « Assassiner la peinture », du moins ses méthodes conventionnelles ; il aura créé pour cela jusqu’au bout, jusqu’à ses 90 ans, nous rappelle magnifiquement cette exposition retraçant son œuvre, sa vie.

With 150 masterpieces, this exhibition presents Joan Miro’s technical and stylistic evolution, during seventy years of creation.

> Découvrez en images l'exposition Joan Miró au Grand Palais

> L'exposition décryptée 


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