Aurions-nous pu trouver mieux que Le BAL, ancien cabaret et “hôtel d’amour”, haut lieu de fête et de plaisir, guinguette des années folles, pour laisser libre court à l’imagination de Batia Suter ? Dans ce lieu aujourd’hui dédié à l’image, l’artiste se voit offrir une carte blanche. Certainement pas par hasard. Passionnée – habitée – par ce lieu, ses caves, ses sous-sols, elle décide de s’en imprégner tout entier : son oeuvre s’y déploie sans pudeur sur le moindre espace. Dans cette installation in situ, l’artiste suisso-néerlandaise confronte ainsi images, sculptures et projections. Mélangeant photographies de sculptures et photographies de peintures, ajoutées aux nombreux portraits, ces visages qui la touchent tant, elle appose les techniques librement. Elle n’a plus qu’à les regarder faire, les observer interagir entre elles. Tel est le secret de ses photomontages aléatoires. En collectionnant depuis plus de trente ans des images imprimées préalablement découpées, provenant de magazines ou de manuels divers, elle se crée une base de données visuelles, dans laquelle elle n’a plus qu’à piocher. L’évidence apparaît alors d’elle-même. L’apposition est réussie lorsque les images dialoguent. De ce fait, l’image est détachée de son but originel : son unique condition désormais est de communiquer avec les autres. Dans Radial Grammar, le visiteur se retrouve face à cette multitude d’images glanées au fil des années. Pour autant, il n’en est jamais déboussolé. Car lui aussi, à son tour, peut dans son imaginaire créer de nouvelles combinaisons visuelles. Enfin un puzzle où peu importe l’ordre des pièces, celles-ci finissent toujours par s’assembler.
Once the images have been collected for 30 years, Batia Suter starts her montage for these in situ works, unfolding through every corner of Le BAL.
M et T sont des marques de la RATP. Sous réserve de disponibilité, les logotypes de la RATP sont téléchargeables et exploitables gratuitement à partir du site data.ratp.fr dans les conditions visées au sein de celui-ci.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
GRILLES DU JARDIN DU Luxembourg jusqu'au 19 juillet
Les icebergs se fissurent. Les déserts avancent. Les rivières changent de lit. Ce que photographie Thibault Gerbaldi, c’est le mouvement, l’impermanence, la transformation. Du Groenland à la Namibie, de l’Islande à la Mongolie, ses images mettent en regard deux forces : celle des paysages, immenses, en mutation constante, et celle des êtres humains, minuscules à l’échelle géologique, mais étonnamment résistants.
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