Mimizan - Franta

Airial Galerie
Du 6 juillet au 24 août 2019

Connaissez-vous l’Airial Galerie ? Une galerie d’art pas comme les autres, un immense espace artistique à Mimizan, un havre de paix dans son magnifique écrin de nature, avec son jardin de sculptures de Marc Petit, grand sculpteur aux œuvres tendres et généreuses qui nous tendent les bras. On se sent bien ici. Pensez bien à réserver et profitez d’une visite gratuite exceptionnelle. Une promenade bucolique dans ce lieu hybride, rarissime, comme on aimerait tant en visiter plus souvent. Et en ce moment, la galerie accueille les œuvres de Franta, un artiste contemporain poignant qui n’est pas sans rappeler Goya, Soutine ou Bacon, avec leurs figures humaines en proie à la souffrance du monde. L’artiste a toujours eu à cœur de dénoncer la violence humaine, guerres, génocides, exil… De la douleur mais pour autant rien de – trop – sombre.  Des ténèbres surgit la lumière, ici avec ces corps à la peau sombre, comme sculptés dans la matière, éclatants de noirceur.

Dans ses toiles, le corps se déforme jusqu’à devenir une masse informe à peine identifiable, bleuâtre ou sanguine, prise au piège dans des couleurs vives, celles de la nature, de l’ocre du sable jusqu’au vert tropical … Des corps en souffrance souvent, mais de la dignité toujours. Les visages quant à eux se brouillent, jusqu’à disparaître, à l’épreuve de l’anonymat, comme une négation de l’être. Pourtant, les sujets ont beau être graves, un effet de beauté humaniste émane de chaque œuvre, comme un ultime cri d’espoir dans une société meurtrie. Ses œuvres ne sont pas à admirer mais véritablement à ressentir, il nous livre une mémoire de la vie, sculptée dans une matière brute, malmenée, écorchée. Le temps est suspendu, comme ici dans ce lieu intime et apaisant, propice à la réflexion.

 

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PEINTURES - DESSINS -SCULPTURES
De ses voyages en Afrique, Franta a rapporté l’inspiration et l’émotion pour les corps qu’il a peints, dessinés et sculptés. Éclatants de lumière ou plongés dans l’ombre, recroquevillés parfois… Mais toujours avec force et dignité par un trait de pinceau énergique et lyrique. Son art puise son inspiration dans le malheur du monde - guerre, famine, torture, déportation - pour nous le révéler dans la splendeur du jour par un effet de beauté humaniste. Comment retranscrire la vérité des corps en souffrance sans tomber dans les clichés ? Face à la négation de l’être, à l’épreuve de l’anonymat, Franta répond par la sensualité picturale de la chair. Cet artiste français d’origine tchèque a connu l’arrachement à ses racines, ce qui l’avait littéralement séparé de lui-même. Puis il a rencontré le peuple Massaï : ce fut l’éblouissement de ceux pour qui la « question » ne se pose pas. Par la peinture, Franta ne l’a plus quitté. Ces corps sont ceux d’une mémoire ensevelie dans la matière, où se lie la souffrance et le désir, l’énergie vitale, vive ou décolorée, mais toujours avec la nécessité de vivre dans un temps suspendu. En regardant ces corps, nous nous apercevons que nous avions besoin de cette lumière. Franta a inscrit l’humanisme sur les tables de l’art. La figure humaine est toujours au centre de sa démarche, à une station de correspondance entre l’être et l’oubli.


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