MUMA
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Être Beau au Musée de l'Homme

Musée de l'Homme
Jusqu'au 4 janvier 2021

  • Astrid di Crollalanza, photo de la série "Être Beau"
  • Astrid di Crollalanza, photo de la série "Être Beau"
  • Astrid di Crollalanza, photo de la série "Être Beau"
  • Astrid di Crollalanza, photo de la série "Être Beau"

 

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Qu’est-ce que c’est qu’être normal ? « C’est être beau et ne pas baver ! » C’est la réponse surprenante qu’a obtenu Frédérique Deghelt lorsqu’elle a interrogé son fils handicapé sur le sujet. C’est à partir de cette discussion qu’est né le projet Être beau, mené par la romancière avec la photographe Astrid di Crollalanza.

Pendant trois ans, les deux artistes sont parties à la rencontre de celles et ceux – âge, milieux social et professionnel confondus – que la société a baptisés malgré eux « handicapés ». Une manière de leur donner la parole et de les faire exister dans un monde où ils sont bien souvent invisibles. Une vingtaine de personnes s’est prêtée à l’exercice, chacune choisissant l’univers et le décor dans lesquels elle souhaitait se (re)présenter.

Accompagnées de textes, vingt-six photographies grand format témoignent de ces rencontres ponctuées d’instants de grâce. Comme ce cliché où une jeune femme semble s’envoler dans son fauteuil roulant, ou cet autre où un adolescent prend l’objectif de l’appareil photo pour un camarade de jeu. Autant de sourires, de moments d’abandon ou de folie qui transcendent les corps brisés, infirmes ou réparés de ces êtres hors-normes.

Un véritable travail a été réalisé pour que l’exposition soit accessible à tous : visites en langue des signes pour les personnes sourdes ou malentendantes ; audiodescription des images, « souffleurs d’images », textes lus et textes en braille pour les personnes aveugles ou malvoyantes ; textes adaptés pour les personnes déficientes intellectuelles. Une belle exposition qui questionne notre rapport à la différence et à l’altérité tout en rappelant qu’être beau, c’est avant tout être soi.

Le saviez-vous ?

Le mot « handicap » vient de l’anglais hand in cap, qui signifie littéralement « la main dans la casquette». L’expression renvoie à un jeu de troc au cours duquel trois personnes tentent de réaliser un échange équitable. Le terme a désigné ensuite une course dans laquelle on égalise les chances des concurrents en répartissant des désavantages proportionnés à la force des chevaux.

A photographer and a writer remind us that beauty is everywhere, inside all of us, whether we are considered as "normal" or "abnormal" people.



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