Anton Tchékhov, l'exposition magistrale de mise en peinture à la Galerie Boris

Galerie Boris
Du 9 mars au 6 novembre 2020

Boris Marinkovic, jeune galeriste parisien en vogue, qui ne se contente pas d’être le premier à mettre en avant des artistes des Balkans, il innove aussi dans son approche d’exposition collective. Le principe ici : une mise en peinture des œuvres de Tchékhov, comprenez par là une carte blanche donnée à une petite dizaine d’artistes autour de l’univers du célèbre dramaturge russe. En somme, un mélange des genres, ou plutôt un mélange des arts. A la manière des plus grands comédiens, les plasticiens convoqués ici s’imprègnent des écrits de Tchékhov, et montent sur scène avec leurs œuvres à la croisée des arts, jouant le rôle d’acteurs avec  leur talent et une totale liberté d’interprétation, guidés par Boris qui orchestre ce grand spectacle.

Une démarche inédite qui décloisonne les arts pour les réconcilier, initiée par cet amoureux de théâtre, lui-même acteur de formation. Anton Tchékhov donc. Et autour de lui le thème de l’ennui, l’impuissance et l’inutilité d’une vie hantée par la banalité du quotidien au cœur de l’univers du célèbre écrivain russe. Le regard acerbe qu’il portait sur l’humanité, et plus particulièrement sur la petite bourgeoisie russe de la fin du XIXe siècle, nous éclaire plus que jamais, d’une lumière crue et saisissante, sur notre condition d’êtres modernes. Autant de facettes et bien plus encore, qui ont nourri nos artistes pour inventer des chefs-d’œuvre uniques, inspirés des pièces iconiques du maître, nous en livrant une lecture singulière, chacun dans son style. La peintre serbe Neda Arizanovic retranscrit dans ses huiles pétillantes l’ambiance fantasque, colorée et chaotique de la nouvelle La Noce, dépeignant des demi-mondaines qui s’épient, des enfants qui jouent et des hommes qui grimacent. Tijana Kojic, qui travaille sur des plaques d’aluminium – une technique unique au monde ! – traite de la folie d’Ivanov dans des œuvres mystérieuses empreintes d’une froideur frissonnante. Le personnage est également mis à nu, littéralement, par Radomir Milovic, dans des œuvres monochromes intenses.  La Mouette, pièce phare de l’auteur, est revisitée par Damjan Kovacevic dans de magnifiques dessins d’encre et d’aquarelle qui nous plongent dans un univers fantastique flirtant avec la folie. Dragana Markovic, dont les portraits manifestent une grande maîtrise des ombres, retranscrit toute la complexité psychologique de Macha, Olga et Irinades, héroïnes des Trois Sœurs, qui évoluent entre féerie et réalisme. Milos Vukovic, sculpteur aux accents comiques, se confrontera avec son regard amusée à l’univers sombre de Tchékov au travers de « La Cerisaie ».  Et pour le grand final sur scène, Djordje Savic, présenté pour la première fois à la Galerie Boris, revisite Oncle Vania dans des portraits étranges qui s’inspirent autant des icônes chrétiennes orthodoxes que des œuvres végétales de Giuseppe Arcimboldo.  Une exposition thématique exceptionnelle qui réunit sur scène des univers artistiques telle une troupe magnifiquement complémentaire. Alors prenez place, les rideaux rouges de la galerie, sont enfin rouverts.

 

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Plus de 100 ans après sa mort, Anton Tchékhov est joué sur les scènes du monde entier. Le regard acerbe qu’il portait sur l’humanité, et plus particulièrement sur la petite bourgeoisie russe de la fin du XIXe siècle, nous éclaire plus que jamais, d’une lumière crue et saisissante, sur notre condition d’êtres modernes.

Passionné de théâtre, Boris Marinkovic, directeur de la galerie Boris, fait partie de ces lecteurs contemporains fascinés par l’ennui, l’impuissance et l’inutilité dont sont saisis les personnages de Tchékhov – proches de nous à bien des égards. C’est donc tout naturellement qu’il a proposé aux artistes qu’il expose, tous originaires des Balkans, trois ans après l’exposition consacrée à Molière, de s’approprier l’univers de Tchékhov.

Loin de se contenter d’illustrer l’œuvre du dramaturge, les sept artistes la mettent en scène, tels des artistes de théâtre, proposant une lecture singulière, chacun dans son style. La peintre serbe Neda Arizanovic retranscrit dans ses huiles pétillantes l’ambiance fantasque, colorée et chaotique de la nouvelle La Noce, dépeignant des demi-mondaines qui s’épient, des enfants qui jouent et des hommes qui grimacent. Tijana Kojic, qui travaille sur des plaques d’aluminium – technique unique au monde ! – traite de la folie d’Ivanov dans des œuvres mystérieuses empreintes d’une froideur frissonnante.

Le personnage est également mis à nu, littéralement, par Radomir Milovic, dans des œuvres monochromes intenses. La Mouette, pièce phare de l’auteur, est revisitée par Damjan Kovacevic dans de magnifiques dessins d’encre et d’aquarelle qui nous plongent dans un univers fantastique flirtant avec la folie. Dragana Markovic, dont les portraits manifestent une grande maîtrise des ombres, retranscrit toute la complexité psychologique de Macha, Olga et Irinades, héroïnes des Trois Sœurs, qui évoluent entre féérie et réalisme.

Djordje Savic, présenté pour la première fois, revisite Oncle Vania dans des portraits étranges qui s’inspirent autant des icônes chrétiennes orthodoxes que des œuvres végétales de Giuseppe Arcimboldo. Milos Vukovic, seul sculpteur de l’exposition, porte quant à lui un regard amusé sur les personnages de La Cerisaie. De quoi vous donner envie de vous replonger dans l’œuvre de Tchékhov !

Seven artists from the Balkans revisit the universe of the famous Russian playwright Anton Tchekhov. A fascinating pictural and literary trip through Eastern Europe !

 

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Sur rendez-vous le dimanche au 01 45 62 33 16 !


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