Patrick Bastardoz peint l'essence des musées à la Galerie de l'Europe

Galerie de l'Europe
Du 9 février au 6 mars 2021

 

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Donner à voir ce qui est invisible au spectateur. Alors que les institutions culturelles sont fermées au public en raison de la crise sanitaire, la Galerie de l’Europe présente le peintre Patrick Bastardoz. L’artiste peint l’intérieur des musées, désertés à contre-cœur par les visiteurs. Il pose un regard bienveillant et jamais intrusif sur ces écrins qui renferment les plus belles œuvres que Paris a à offrir. Dans une plongée du haut de l’escalier du musée Gustave Moreau, le peintre capture un instant de vie et crée le mouvement. Le spectateur devient acteur de la peinture : la prise de vue est telle qu’on croirait être soi-même en haut de l’escalier. Une immersion 3D troublante de réalisme. Les nervures des planches du parquet capturent la lumière chaude en provenance des étages et la rampe brille comme si elle avait été cirée quelques minutes plus tôt.

Les toiles de Patrick Bastardoz sont un privilège : celui de nous offrir une visite privée des plus beaux lieux d'art de la capitale, sans les défauts qu’apporte la foule abondante tel que le bruit ou les silhouettes postées devant un tableau, en empêchant ainsi la liberté du regard. Une parenthèse sensible qui s’inscrit dans sa volonté de retranscrire l’émotion telle qu’il peut lui-même la ressentir. « Je suis sensible au métier, au savoir-faire et à la technique picturale. Cela passe par du temps passé à regarder la peinture de chacun pour comprendre comment elle fonctionne. » Particulièrement intéressé par le cheminement et la construction – qu’il explore dans ses œuvres comme l’attestent ses travaux précédents sur les chantiers ou les ports – l’artiste voit dans les œuvres d’art des similitudes avec les structures de bâtiments. Le peintre aime illustrer l’usure sur les œuvres et leur ancrage dans le temps et l’espace. Dans sa toile intitulée Musée d’Orsay, une partie de la pièce est plongée dans l’ombre, laissant au spectateur le loisir d’imaginer la fine couche de poussière qui habille certainement le haut des colonnes dont les dorures s’estompent avec l’âge. Une manière de continuer à peindre la vie de ces espaces, qui, bien qu’endormis, continuent de vieillir. Il y a très clairement une incarnation du temps qui passe et une volonté de lutter contre l’abandon des espaces culturels par les spectateurs. Le peintre nous rappelle ainsi que les musées nous attendent et que, dans un jour prochain, leur quiétude prendra fin. Une exposition salutaire.


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