Exposition Pierre Bonnard au Musée d'Art Moderne de Paris : Bonnard au Cannet
Musée d'Art Moderne de Paris Jusqu'au 3 mars 2025
Une impression de bonheur diffus se dégage des toiles de Pierre Bonnard. Qu’il s’agisse de paysages luxuriants ou d’intérieurs feutrés, les décors du peintre semblent constamment enveloppés d’un voile cotonneux, installant une atmosphère irréelle et éthérée.
Avec cet accrochage exceptionnel, le musée d’Art moderne de Paris rend hommage à un marcheur solitaire, héritier tardif des impressionnistes en marge des courants artistiques de son époque. À l’image de sa personnalité modeste, la peinture de Bonnard jouit d’une élégante simplicité, qui confère aux tableaux une grâce spontanée et naturelle.
Son art atteint des sommets d’épure dans le Paysage du Cannet, toile où les vallons gorgés de soleil forment une mosaïque abstraite de formes et de lumières. Chez Bonnard, celle-ci est orange, verte, rouge ou bien jaune et violette comme dans son Nu dans le bain, représentant sa femme et modèle Marthe : un corps sans visage, presque inanimé, gisant sous une clarté irréelle.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.