Soixante sculptures de taille humaine disséminées ici et là dans des positions inconfortables ou contradictoires, la tête baissée, les jambes pliées, les bras tendus, suspendues au plafond ou bien empilées les unes sur les autres sans raison apparente... Nous avons, disons-le, tout intérêt à garder les pieds sur Terre lors de cette exposition renversante, tandis que l’artiste Antony Gormley met sens dessus dessous chaque recoin du musée Rodin. L’antre du « Michel-Ange du XXᵉ siècle » a donné carte blanche au sculpteur britannique pour redéfinir l’ensemble de ses espaces et instaurer un puissant dialogue entre passé, futur et présent. Ne soyons donc pas étonnés de croiser dans le jardin à la française une ligne de douze corps étendus sur le sol se dirigeant, accroupis ou à genoux, vers la mythique Porte de l’Enfer, l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la sculpture moderne. Célèbre pour ses statues anthropomorphes, Antony Gormley a imaginé cet étonnant corps-à-corps avec l’œuvre de Rodin, opposant ses champs de stèles en fonte et ses silhouettes totémiques en acier inoxydable aux courbes plus classiques du sculpteur. Si les styles s’entrechoquent parfois, les deux hommes trouvent finalement un point de rencontre dans leur rapport aux corps et leur amour des formes.
M et T sont des marques de la RATP. Sous réserve de disponibilité, les logotypes de la RATP sont téléchargeables et exploitables gratuitement à partir du site data.ratp.fr dans les conditions visées au sein de celui-ci.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.