Énigmatiques, étranges, toujours intenses, les clichés d’Ishimoto nous plongent dans des scènes de vie aussi puissantes qu’intrigantes. Entre distance et intimité, mystère et compréhension, le photographe crée des ponts, des entre-deux qui sont au cœur de l’histoire et du travail de celui qu’on dit être « visuellement bilingue », entre ses racines japonaises et son enfance passée aux États-Unis. Pour la toute première fois en Europe, Le Bal nous présente cent soixante-dix tirages d’époque de cette figure clé de la photographie d’après guerre. De Chicago à Tokyo, ses scènes de ville sont tout simplement captivantes. Mêlant retenue et empathie, le photographe nous immerge dans des tableaux d’une grande intensité. Avec un œil incisif, l’artiste nous initie à la complexité de l’univers tout en restant fidèle à ses racines et à une ancienne philosophie japonaise dont les préceptes esthétiques cristallisent la frontière entre deux mondes. De l’objectivité à l’émotion, du mouvement à l’inertie, les clichés d’Ishimoto symbolisent cette zone grise entre le superficiel et la profondeur.
LE BAL Jusqu’au 17 novembre 2024 6 impasse de la Défense, 75018 M° Place de Clichy (2/13) Mer. 12h-20h, du jeu. au dim. 12h-19h, fermé lun. et mar. Tarif : 8 € - TR : 6 € Gratuit -12 ans Plus d'informations
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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