Nos images de l'exposition Tarik Kiswanson, The Relief à l'Institut Suédois

INSTITUT SUÉDOIS
Du 23 octobre 2025 au 11 janvier 2026

Suspendu dans les airs, un piano militaire de 1944 flotte comme un fantôme au-dessus d’un cocon blanc. C’est par cette vision saisissante que s’ouvre l’exposition que l’Institut suédois consacre à Tarik Kiswanson.

 

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Révélé sur la scène internationale et lauréat du prix Marcel Duchamp en 2023, l’artiste explore depuis vingt ans les zones de fracture de notre mémoire collective, de l’exil aux guerres, du déracinement à la reconstruction. Ici, il fait dialoguer des objets lestés d’histoire et des formes nées de son propre langage sculptural.

Le Victory Vertical, piano conçu pour réconforter les soldats alliés, se détache de son passé pour devenir métaphore de survie et de guérison. En dessous, la forme ovoïde, signature de Kiswanson, condense l’idée d’abri et de métamorphose. Sur un écran posé au sol, des élèves du conservatoire de Saint-Denis hésitent à jouer l’Ode à la joie : notes brisées, silences, reprises, qui résonnent comme une parabole d’une Europe toujours en devenir. Plus loin, deux chaises se toisent : l’une dessinée en 1945 par George Nakashima dans un camp d’internement américain, l’autre conçue la même année par Adolf Gustav Schneck, architecte acquis au nazisme.

À travers ces rapprochements vertigineux, l’artiste révèle les contradictions d’un siècle qui continue de hanter le nôtre. Kiswanson ne cherche pas à effacer les blessures, mais à en faire le lieu d’une transformation. Ses sculptures, ses vidéos et ses assemblages ne se contentent pas d’évoquer la perte : ils ouvrent un espace transformant le souvenir en matière vive, là où la mémoire cesse d’être un poids pour se muer en énergie vitale.

INSTITUT SUÉDOIS
11 rue Payenne, 75003 – M° Saint-Paul (1)
Du 23 octobre 2025 au 11 janvier 2026
Du mardi au dimanche 12h-19h. Le jeu. jsq. 21h.
Entrée libre


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