Mute : quand Fabienne Verdier fait murmurer la pierre
Jusqu’au 8 mars 2026 Cité de l'architecture et du patrimoine
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Il suffit d’entrer dans la Galerie des moulages pour sentir que quelque chose se prépare. Une vibration, un souffle, un froissement d’air qui traverse les silhouettes de pierre. Dans cette nef habitée par les architectures médiévales et classiques, Fabienne Verdier déploie son geste. La rencontre paraît improbable ; elle devient pourtant évidente, presque nécessaire.
Ici, l’abstraction ne s’impose pas : elle écoute, elle prolonge, elle dialogue. Elle mute. La Cité engage un nouveau cycle où l’art contemporain s’invite au cœur du patrimoine, et où le langage des formes anciennes répond à l’écriture viscérale d’une artiste qui, depuis trente ans, cherche à donner au mouvement une présence presque spirituelle.
Une quarantaine de toiles, certaines verticales comme des stèles, d’autres horizontales comme des strates de paysage intérieur, habitent l’espace avec une retenue intense, comme si chaque œuvre chuchotait au marbre son désir de transformation. Au contact des moulages monumentaux – ces cathédrales fragmentées, ces portails romanesques, ces silhouettes colossales – son geste se resserre ou s’élargit, épouse les volumes, les contredit parfois. L’abstraction décante le passé, elle le réactive, elle en fait une chambre d’écho.
Cité de l’Architecture et du Patrimoine Jusqu’au 8 mars 2026 1 pl. du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 - M° Trocadéro (6/9) Tlj sauf mardi 11h-19h, le jeu. jsq. 21h Tarif : 13 € - TR : 10 € - Gratuit -26 ans - Billetterie ici
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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