Larguez les amarres ! 400 ans de Marine au château de Vincennes
CHÂTEAU DE VINCENNES
Du 19 septembre au 23 décembre 2026
En 1626, Richelieu dote le royaume de sa première marine de guerre permanente. Quatre cents ans plus tard, le château de Vincennes sort des cartons soixante documents rarement montrés et raconte cette histoire par ses marges : les arsenaux, les ouvrières, les cartographes. C'est gratuit, jusqu'au 23 décembre.
Il y a un plaisir particulier à voir une institution raconter sa propre histoire sans se draper dedans. Larguez les amarres ! aurait pu être une galerie de batailles. Le Service historique de la Défense, qui conserve les archives et signe l'exposition, a choisi autre chose : neuf chapitres, soixante pièces, et le pari que la Marine s'explique mieux par ses ateliers que par ses victoires.
Ce que les réserves gardaient
Le fonds est en grande partie inédit, et il est magnifiquement dépareillé. Une affiche de recrutement des années 1930 envoie s'engager pour voyager, apprendre un métier, sur fond de jonques illuminées et de projecteurs fouillant un ciel d'Indochine. Un fanion de soie hurle un dragon jaune et vert sur fond rouge. Un rouleau panoramique déploie, en miniature et sur un vert d'eau improbable, les armées navales de France, d'Angleterre et de Hollande alignées en Méditerranée. À côté, la feuille de chargement de la Compagnie des Indes compte ses livres de thé Souchong et ses caisses de porcelaine bleue.
Puis la technique prend le relais et se révèle tout aussi belle. Les plans de coupe de Fort Boyard, l'épure d'un canon de 24, une planche de la torpille Whitehead dessinée comme un poisson d'apparat. Un hydravion posé sur l'eau en 1918, deux hommes debout sur le flotteur. Une coque de sous-marin dressée dans sa nef, énorme et bizarrement tendre.
Une marine qui tient tout le territoire
Le parcours a une idée, et elle est bonne : la Marine n'est pas au bord de la France, elle la traverse. Lorient, Rochefort, Brest, Toulon, Cherbourg pour les arsenaux, mais aussi les forêts plantées pour la construction navale, les manufactures qui forgent l'artillerie, les phares et les sémaphores qui ponctuent le littoral. Une administration entière, des budgets, des métiers, des villes nées de tout cela.
Et des gens. L'exposition les nomme sans hiérarchie, matelots, ingénieurs, cartographes, aumôniers, ouvrières d'arsenal. Les expéditions scientifiques y croisent les ruptures techniques, de la propulsion à hélice aux premiers sous-marins, jusqu'aux missions d'aujourd'hui, sauvetage en mer et dissuasion. Quatre plaques d'écoutille posées sur une table noire résument la devise en quatre mots : Honneur, Patrie, Valeur, Discipline. On les lit autrement une fois qu'on a vu les registres d'équipage.
Un pavillon du Roi, et rien à payer
Le lieu ajoute sa part. Le pavillon du Roi et sa salle des Armoires ne s'ouvrent pas si souvent, et le donjon de Vincennes, qui abrite les archives de la Défense depuis le XIXe siècle, reste un des angles morts du tourisme francilien. À partir d'octobre, les commissaires conduisent une visite guidée un dimanche par mois, gratuite elle aussi. Trois mois, terminus le 23 décembre.
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CHÂTEAU DE VINCENNES - PAVILLON DU ROI
Du 19 septembre au 23 décembre 2026
Avenue de Paris, 94300 Vincennes - M° Château de Vincennes (1)
Lun. 13h-17h, mar. au jeu. 9h-17h, ven. 9h-16h, sam. 9h30-15h, dim. 10h-17h
Entrée libre







