Lee Bae, Brushstrokes et Issu du feu, chez Perrotin
PERROTIN MARAIS
Du 17 octobre au 19 décembre 2026
En Corée, quand un enfant naît, on accroche un morceau de charbon à la porte de la maison. Lee Bae en a fait toute son œuvre. Chez Perrotin, du 17 octobre au 19 décembre, du noir et rien que du noir, entrée libre.
Il faut prendre la coutume au sérieux, parce qu'elle explique tout. Le charbon, en Corée, n'est pas un combustible : c'est un signe. On l'accroche à la porte pour annoncer une naissance, on le dépose dans les fondations d'une maison pour la purifier. Il est du côté du commencement, pas de la fin.
Retrouver sa matière à Paris
Lee Bae avait trente-trois ans quand il est arrivé en France. Il y a retrouvé le charbon sous une forme qu'il ne connaissait pas, des briquettes vendues pour le chauffage et les barbecues, empilées chez les marchands. À partir de là, il n'a plus travaillé qu'avec ça. Cela fait des décennies que ça dure et il n'en a pas fait le tour.
Deux séries sont montrées rue de Turenne, et elles se tiennent aux deux extrémités du geste.
Brûler deux semaines, puis serrer
Issu du feu part du bloc. Lee Bae fait carboniser pendant deux semaines des pins de Cheongdo, la région où il est né, dans un four conçu pour cela. Ce qui en sort est fragile : le bois cuit se fend, s'ouvre, menace de se défaire. Il ceint alors les blocs d'élastiques noirs qui les tiennent ensemble. La sculpture est littéralement ce qui empêche la matière de tomber en morceaux.
Brushstrokes prend l'autre chemin. Il tire du charbon une encre, et il trace. Ce qu'on obtient n'est pas un dessin mais une masse : des bandes larges, hachurées à mort, qui se chevauchent et se croisent, tantôt d'un gris de cendre tantôt d'un noir saturé. Les traits sont si serrés qu'ils deviennent matière. On regarde une surface autant qu'un geste.
Le noir, pas le deuil
Il y a une facilité que l'œuvre refuse : associer le noir à la disparition. Chez Lee Bae, le charbon est ce qui reste après le feu, mais c'est aussi ce qu'on accroche à une porte quand un enfant vient de naître. Le noir est un début. C'est à peu près l'inverse de ce que la peinture occidentale a fait de cette couleur pendant des siècles, et c'est ce qui rend cette œuvre passionnante plutôt que décorative.
Perrotin lui offre là, dit la galerie, sa neuvième exposition personnelle, la troisième à Paris. Vernissage le 17 octobre.
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PERROTIN MARAIS
Du 17 octobre au 19 décembre 2026
76 rue de Turenne, 75003 - M° Saint-Sébastien - Froissart (8)
Du mar. au sam. 10h-18h
Entrée libre







