Kennedy Yanko à la Cité de l'architecture et du patrimoine : nos images

Cité de l'architecture et du patrimoine
Du 16 octobre 2026 au 3 janvier 2027

 

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Kennedy Yanko coule l’acrylique à même le sol de l’atelier, la laisse sécher, puis la découpe en plaques. Elle les appelle paint skins, des peaux de peinture. Souples, épaisses et lourdes, elles se plient et gardent la trace du sol. Ces peaux se posent sur des ossatures de métal récupéré. L’artiste les déniche dans les casses, les tord et les assemble, et le métal a conservé ses chocs et sa rouille. La peinture cesse d’être une surface : elle devient sculpture.

La Cité de l’architecture lui confie la galerie des moulages, où voisinent portails et figures d’églises. Toutes les sculptures qu’elle y présente ont été conçues pour le lieu. Il n’y a ni sens de visite ni chronologie : on les découvre au fil de la déambulation, comme dans une chasse au trésor. Un portail devient une niche, chaque élément d’architecture un écrin. Inutile de rivaliser avec l’échelle des moulages, Kennedy Yanko préfère jouer du contraste.

 

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Le rapprochement est juste. Depuis des siècles, les tailleurs de pierre s’épuisent à rendre l’étoffe plus convaincante que la pierre, avec leurs drapés mouillés et leurs plis cassés. L’une des figures de Yanko a d’ailleurs des airs de Victoire de Samothrace accidentée. Kennedy Yanko prend le problème à l’envers et donne au métal une étoffe qui n’imite rien, puisque c’est de la peinture. Ce renversement doit autant aux surréalistes qu’à la statuaire. Comme chez Man Ray, l’objet manufacturé bascule : le dur paraît souple, le lourd semble flotter, et l’œil ne sait plus très bien ce qu’il voit.

Le second dialogue est plus souterrain. Une galerie de moulages montre aussi des armatures, l’envers que le monument tient caché. Ses sculptures exhibent la même chose : le squelette sous la peau. Enslavement to the body joue sur l’avant et l’arrière du décor. Une autre pièce se couvre de veines et d’un flocage d’un noir profond, velouté. Passée par la danse et le Living Theatre de New York, Yanko ne figure personne. Ce qu’elle sculpte, c’est l’énergie d’un corps, entre envol et pesanteur, entre sensualité et mort.

Pour continuer : également à la Cité, l'exposition François Morellet, Traits d'esprit.

CITÉ DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE
Du 16 oct. 2026 au 3 jan. 2027
1 place du Trocadéro, 75116
M° Trocadéro (6/9) - Tlj. sauf mar.
11h-19h, jeu. jsq. 21h - Tarif : 13 €
TR : 10 € - Gratuit -18 ans

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