« Rouges », « vibrants », « qui donnent le vertige et qui désorientent telle une extase passionnelle » : les polyptyques de Tijana Kojic sont aussi puissants esthétiquement que dans leur concept. Quand on connaît l’inspiration de leur créatrice, c’est l’évidence qui s’impose. Emil Cioran et son livre Syllogismes de l’amertume sont bien à l’origine de ces gravures écarlates. Ce recueil de pensées, à la fois cynique et mélancolique qui s’évertue à résoudre l’idée du doute par des raisonnements excessifs se trouve ainsi représenté, par la technique particulière de l’artiste serbe. Son œuvre justement, à l’instar de l’être humain complexe, est multiple en elle-même : en associant plusieurs techniques dans une même création – dessin, peinture, gravure – elle en dégage un graphisme original et lui aussi, ardent. Cette ardeur illustre ainsi un procédé simple de raisonnement, à la limite du surréalisme – le syllogisme. Dans cette série d’estampes, les pensées s’alignent et se connectent. Souvenirs, mémoire, écrits, non-dits : chacune devient une réponse à la précédente, comme un tiret faisant le lien entre deux mots, comme une impression commune et constante. De ce parcours comme une réflexion logique entre deux vérités naît une troisième proposition fantasque et instinctive. En bref, comme l’écrivait l’audacieux Cioran, « l’avantage qu’il y a à se pencher sur la vie et la mort, c’est de pouvoir en dire n’importe quoi ». À vous, dans cette exposition, de vous étendre sur le sujet.
Inspired by Emil Cioran’s book called “Syllogismes de l’amertume”, Serbian artist Tijana Kojic creates polyptychs by mixing drawings, paintings and engravings.
M et T sont des marques de la RATP. Sous réserve de disponibilité, les logotypes de la RATP sont téléchargeables et exploitables gratuitement à partir du site data.ratp.fr dans les conditions visées au sein de celui-ci.
Institut du Monde Arabe Du 18 mars au 31 juillet 2022
Découvrez Algérie mon Amour, la nouvelle exposition de l'Institut du monde arabe qui réunit les univers de dix-huit artistes algériens de cœur, de naissance ou d’adoption, autour de leur attachement à ce pays.
Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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