Gordon Matta-Clark - Anarchitecte

Jeu de Paume
Du 5 juin au 28 septembre 2018

Du 5 juin au 23 septembre 2018 - 
Jeu de Paume //

 

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Dans la famille des artistes accomplis, je voudrais Gordon Matta-Clark (1943-1978). Fils du peintre surréaliste chilien Roberto Matta et de la designer américaine Anne Clark, on peut dire que Gordon est né avec toutes les cartes en main pour devenir célèbre. À peine sorti de ses cours d’architecture à l’Université Cornell, il use sa pellicule dans le sud du Bronx – un quartier loin d’être fréquentable à la fin des années 50, entre déclin économique et problèmes sociaux. Pourtant les immeubles désaffectés deviennent le terrain favori du jeune architecte, rêvant d’un art engagé. A la fin de sa carrière, il mènera d’ailleurs à terme le projet d’aider les habitants à s’emparer de leur propre environnement, ouvrant ainsi au principe actuel de collaboration entre artiste et public. À partir de ces bâtiments détruits, Gordon Matta-Clark crée des œuvres in situ : il découpe les murs, les sols, les piliers, de manière géométrique – souvent en forme de cercle – comme pour montrer les restes de cette urbanisation démantelée en 1955, afin de laisser passer l’autoroute de la Cross Bronx. Ou comment sublimer la carcasse d’immeubles désertés de force par plus de 1500 familles. Ces découpes et dissections, transperçant les bâtiments de part en part, révèlent à la rue la structure interne de ceux-ci, inversant alors les codes de l’architecture. À travers ses photographies et ses films, le lieu devient objet ; et l’art, une réponse à la destruction. Même les souterrains de Paris ont fait office de terrain de jeu à l’artiste : le film Paris Underground (1977) explore cette partie cachée de la ville et révèle la complexité de ces tunnels – perforations – remplis de secrets… Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous.

Gordon Matta-Clark creates a new link between architecture and environment with geometric shapes drilled into walls of destroyed building.


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