Le palais de Tokyo donne carte blanche à Anne Imhof

Palais de Tokyo
Du 22 mai au 24 octobre 2021

 

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Le Palais de Tokyo comme vous ne l’aurez jamais vu ! La plasticienne allemande récompensée du Lion d’or à la Biennale de Venise a métamorphosé le 13 avenue du Président-Wilson en un labyrinthe de verre surréaliste. Aux côtés de 30 artistes historiques et contemporains – Delacroix, Géricault, Picabia, Polke, Sturtevant, Cy Twombly – Anne Imhof dévoile une œuvre colossale et protéiforme empreinte de poésie noire, où se juxtapose l’ensemble des médiums de l’Histoire de l’art. Dessins, peintures, sculptures, graffs, photographies, compositions musicales et installations se répondent en une symphonie sensorielle que l’espace du Palais magnifie par ses jeux de lumières. Entre isolement et transparence, abandonnons-nous à cette spirale d’œuvres d’art et arrêtons-nous sur les plus remarquables d’entre elles. Le Passage, ce tunnel de verre que nous empruntons d’entrée de jeu, nous aspire vers un univers en dehors des lignes du temps, telle l’image du sprint sans fin et à contre-courant du chien de Surtevant filmé en boucle et projeté sur les murs. Bétonné, barricadé, grillagé et tagué, le décor nous plonge au sein d’un monde aux allures post-apocalyptiques que la musique tournante, depuis des enceintes attachées à un rail, accentue. Les compositions et projections énigmatiques viennent accompagner la disharmonie ambiante jusqu’à la perte totale de repère. A seulement quelques pas de là, nous voilà d’ores et déjà abandonnés à l’esprit torturé d’Anne Imhoff, tiraillés entre rage et mélancolie, désir d’insurrection et incapacité. La Collection Pinault rejoint les rangs de cet ensemble magistral avec les toiles dénaturées de Sigmar Polke, altérées par des processus chimiques et alchimiques, comme une expérience de la transcendance où motifs et formes se dérobent à notre faculté de jugement jusqu’à devenir les miroirs de nous-mêmes. Serpillère, frigo, sac de frappe, veste de cuir, photographies – objets du quotidien défigurés, détournés et tronqués – répondent aux œuvres classiques de Géricault ou Piranèse pour donner à saisir un langage universel que les mots seuls ne peuvent exprimer. Sur plus d’une dizaine de salles, souvent immenses, perdons-nous entre ces natures mortes de tous siècles qui, par l’intervention de l’artiste éveillé, prennent vie sous nos yeux.

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