Musée de la Vie romantique
Musée de la Vie romantique

Un mystérieux sarcophage en plomb découvert au cœur de Notre-Dame de Paris  

 

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Il n’est pas rare de voir, de temps en temps, un vieux sarcophage ressurgir au fond d’une pyramide, ou bien dans une vieille cathédrale. Cependant, c’est cette fois-ci l’un des monuments les plus connus de France, Notre-Dame de Paris, qui accueille une surprenante trouvaille.

Près de deux ans après l’incendie ravageur qui a dévasté une bonne partie de la Cathédrale, les travaux vont bon train pour la remettre sur pied. La restauration de la flèche devrait d’ailleurs bientôt commencer, entraînant un riche travail préliminaire de fouilles. Un processus minutieux mené par une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Une équipe réquisitionnée par l’Etat, qui eut la surprise, il y a quelques jours, de tomber nez à nez avec un sarcophage en plomb parfaitement conservé. Une découverte complètement inattendue, effectuée sous le transept de la cathédrale, qui vient semer le trouble. Ce « miraculé », d’après les archéologues, se trouvait sous la pierre supportant le lourd dallage de Notre-Dame, et aurait bien pu y rester ad vitam aeternam sans ces travaux provoqués par l’incendie !

Mais alors comment expliquer la présence de cette sépulture datée au plus tard du XIVe siècle dans les tréfonds de ce lieu sacré ? C’est bien simple : la cathédrale fut érigée en lieu et place d’une nécropole, comme n’importe quelle église ancienne. Lors des travaux destinés à installer un système de chauffage soufflé au sol, l’architecte Viollet le Duc ne s’est guère soucié de mettre en place quelque archéologie préventive, et a ainsi délogé quelques tombeaux. Celui-ci, à trente centimètres prêts, échappa au pire, et n’avait pas été délogé depuis ! Au vu de son emplacement, le précieux cercueil contiendrait les restes d’un chanoine de haut rang. Des petits trous présents sur la partie haute du sarcophage ont déjà permis d’y glisser une caméra laissant rêveurs les archéologues présents sur place, qui ont pu apercevoir des restes de tissus et de matière organique, laissant présager une excellente conservation.

Si le cercueil a aujourd’hui été délogé, c’est parce qu’il se trouve exactement en dessous de l’ancienne flèche, à l’endroit même où doivent être posées les fondations des échafaudages nécessaires à la restauration de cette dernière. Les ecclésiastiques s’inquiètent maintenant de l’avenir de ce corps sacré, qui doit être étudié, avant de retrouver sa place dans les sous-sols de Notre-Dame, sûrement dans un caveau spécifique cette fois-ci.

Cette trouvaille n’est pas le seul trésor découvert dans les entrailles de la cathédrale. Des reliques qui font le bonheur des archéologues mais qui, malheureusement, menacent de retarder considérablement les travaux de restauration. 



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