Porcelaine, chefs-d’œuvre de la collection Ise

Du 21 juin au 4 septembre 2017
Musée Guimet-Hôtel Heidelbach //

 

11


On attendait depuis plus d’un an la réouverture de l’hôtel Heidelbach du Musée Guimet, ce jour est enfin arrivé ! De nouveau on va pouvoir flâner et s’émerveiller dans cet endroit classieux dans le style du 18e siècle sur la chic avenue d’Iéna. Nous n’aurions pas eu cette chance si en 1913 les Heidelbach, un couple de riches américains, n’avaient pas décidé de conserver leur collection d’art décoratif dans une nouvelle résidence. D’une élégance raffinée, elle a été imaginée par René Sergent,  un architecte très prisé de la haute bourgeoisie parisienne.
Terminé en 1915, l’hôtel devient un des très beaux témoignages de l’architecture néoclassique parisienne. Samuel Heidelbach n’en profitera hélas pas beaucoup, il décèdera en 1922. Après de moult changements de statuts, l’hôtel sera finalement attribué au musée Guimet et rénové en 1991.
Il abrite un magnifique jardin japonais ainsi qu’un pavillon de thé où des cérémonies sont parfois organisées. Néanmoins il faudra rester patient jusqu’au printemps 2018 pour pouvoir profiter de ce petit paradis.

Pour sa réouverture l’hôtel Heidelbach accueillera les chefs-d’œuvre de la collection ISE.  Monochromes, céladons, « trois couleurs », porcelaine en bleu et blanc ou colorées raviront vos yeux à travers un parcours esthétique et historique. Hikonobu Ise, riche agro-industriel et philanthrope japonais, a commencé sa collection il y a une trentaine d’années afin d’éviter la dispersion et de montrer au public les chefs-d’œuvre de la haute civilisation chinoise. L’exposition permet de dresser un incroyable panorama de l’évolution des techniques et des décors de l’art céramique chinois. On pourra ainsi admirer des pièces datant du 5e siècle avant notre ère jusqu’au 19e siècle, des périodes antiques aux Qing (1644-1911). 

Ise a constitué sa collection autour d’une autre de ses passions, la cérémonie du thé. Chaque semaine, il sort de son étui l’un de ces objets, pour le contempler en dégustant un thé. Quitte à ce que cela devienne dangereux ! Parfois, célébrer le beau le conduirait presque au vertige, comme victime du syndrome de Stendhal. Face à une céramique Ming, représentant un combat de coqs, il fut ainsi « totalement ébloui et presque en état d’ébriété pendant les six mois qui ont suivi ». On ne vous souhaite pas que vous retrouviez dans cet état mais soyez prévenu, tant de beauté ne peut laisser de marbre ! Les céramiques sont toutes plus belles les unes que les autres par leurs couleurs chatoyantes mais aussi par la subtilité des décors et des formes. De la parfaite représentation en couleurs d’un héron sur une branche aux détails formant un dragon bleu, en passant par la simplicité apparente d’une fleur, chacune de ces pièces nous raconte l’histoire de la civilisation chinoise.

Partant du Japon pour arriver en France pour la première fois, on peut se demander comment ces objets si précieux ont pu être protégés. Eh bien, l’art de l’emballage japonais a encore fait ses preuves ! Les Japonais pensent que chaque objet renferme une déité ou une âme, on peut donc imaginer la minutie du travail d’emballage. Les pièces de collection sont ici emballées tout en élégance dans une boîte de bois clair et léger, du paulownia. On retrouve ce lien récurrent entre la Chine et le Japon puisque que le paulownia est un arbre d’origine de Chine et présent depuis des temps très anciens au Japon. Parmi les vertus du paulownia : sa légèreté, sa sobriété, la protection qu’il offre contre l’humidité et – plus que tout – sa résistance au feu. Dans un pays comme le Japon, constamment secoué de tremblements de terre qui, renversant les lampes, provoquaient des incendies étendus, on comprend l’importance de cette combustion difficile.

Maintenant que nous avons le plaisir d’admirer ces porcelaines et de deviner leur fragilité, on peut dire que c’est un exploit !

 

Musée Guimet - Hôtel Heidelbach
Du 21 juin au 4 septembre 2017
6 place d'Iéna, 75016 - M° Iéna (9)
Tlj de 10h à 18h
Fermé le mardi
Tarif : 9,50 € - TR : 7 €
Gratuit - de 18 ans


Vous aimerez aussi…

Exposition Maurice Denis, C’est l’amour à la galerie Pavec
  • Classic
  • Free

Maurice Denis exhibition, "It's Love," at the Pavec Gallery

PAVEC
Until November 14, 2026

The Pavec gallery presents Maurice Denis. It's love until November 14, 2026. Marthe, his wife, their children and the home: the canvases of the nabi painter, including the Portrait of Marthe in a pink hat and The cradle of the little brother, show how to paint affection, free admission.

Exposition Voir Tahiti au musée du quai Branly - Jacques Chirac
  • Photo

Exhibition: See Tahiti at the Quai Branly Museum - Jacques Chirac

QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC MUSEUM
From September 29, 2026 to January 31, 2027

The Musée du quai Branly - Jacques Chirac presents Voir Tahiti until January 31, 2027. Acquired in 2023 and unveiled for the first time, the negatives of Gustave Viaud and the photographs of Paul-Émile Miot are among the very first images of Tahiti and the Marquesas.

Exposition Corée, le royaume des lettrés (1600-1900), musée Cernuschi
  • Classic

Exhibition Korea, the Kingdom of Scholars (1600-1900) at the Cernuschi Museum

CERNUSCHI MUSEUM
From November 20, 2026 to April 4, 2027

From November 20, 2026 to April 4, 2027, the Cernuschi Museum brings to life the world of the yangban, the scholarly elite of the Chosŏn kingdom. Paintings, costumes, ceramics, furniture and masterpieces rarely seen outside Seoul, including Chŏng Sŏn's Valley of Cool Breezes, compose a panorama that Paris has not seen for a long time, for the 140th anniversary of relations between France and Korea.

13. Portrait de femme
  • Classic
  • Unavoidable

Exhibition: Georges Kars, a Bohemian in Paris at the Museum of Jewish Art and History

Museum of Jewish Art and History
From October 15, 2026 to March 14, 2027

From October 15, 2026 to March 14, 2027, the Museum of Jewish Art and History is dedicating its first major Parisian retrospective since 1945 to Georges Kars, a painter from Bohemia and a figure of the School of Paris. More than one hundred and fifty paintings, drawings and archival documents, on loan from the National Gallery in Prague and some fifteen Czech institutions, are reopening the Prague-Paris axis forgotten by history.