Néoclassiques ? L'antiquité vue par les artistes valenciennois

  • Oeuvre néo-classique, Ruines
  • Oeuvre de Jean-François Papillon
  • Adrienne Grandpie, Atelier d'Abel de Pujol

 

À la vue de Philotas, croquis de Pierre-Narcisse Guérin, le spectateur se croirait face à une peinture du XVIIe siècle mais il contemple en réalité un tableau du XIXe. Dans cette esquisse, Phileas, général proche d’Alexandre Le Grand, supplie le roi de lui accorder sa miséricorde, après avoir été condamné à mort en 330 avant J-C pour non-dénonciation d’une attaque envers le roi.

Tel un Poussin, Guérin accentue les gestes des personnages, leur conférant une force dramatique. Cet engouement pour les civilisations antiques, typique du néo-classicisme, supplante les fêtes galantes en vogue au XVIIIe siècle. À la frivolité succède donc la rigueur morale, plus en adéquation avec les pensées révolutionnaires, mais ce mouvement n’est pas qu’un simple retour au classique, il apporte sa touche de modernité en redonnant ses lettres de noblesse à la peinture du paysage, sans prendre le pas sur la peinture d’histoire. Le musée revient sur l’histoire de ce mouvement, à travers des vues d’Italie et des objets illustrant les premières fouilles de Famars, et l’aborde sous un angle régional en évoquant les académies néoclassiques valenciennoises. Il reconstitue notamment un atelier d’artiste. Une exposition qui révèle magnifiquement la richesse des néoclassicismes, et les résistances que ce mouvement a engendrées.

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE VALENCIENNES
Du 11 avril au 1er novembre 2020
Boulevard Watteau, 59300 Valenciennes
Tél : 03 27 22 57 20